24 février 2021

Enquêtrices Résidentes de la Phase 2 de PMA-Burkina Faso : Instaurer la confiance pour « libérer la parole » chez les femmes.

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Assia Niodigo

Elles sont le premier palier du dispositif de collecte de données mis en place par l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) pour la collecte des données de la plateforme Performance Monitoring for Action (PMA). Elles, ce sont les Enquêtrices Résidentes qui, en milieu rural comme urbain, s’entretiennent avec les ménages, les femmes et jeunes filles sur des questions en lien avec les domaines de recherche de PMA : la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale et la Covid-19. Basées chacune dans une zone de dénombrement de la région du Centre-Est au Burkina Faso, Assia Niodigo et Solange Yabré, font partie des 167 Enquêtrices Résidentes de PMA-Burkina Faso.

L’expérience d’Assia Niodigo avec l’ISSP a débuté en février 2016 où elle a rejoint cet institut, comme Enquêtrice Résidente pour le projet PMA 2020, avec la province de la Tapoa (région de l’Est) comme première zone de dénombrement où elle a participé à plusieurs vagues d’enquête PMA. « Ma motivation à travailler comme Enquêtrice Résidente pour PMA est surtout liée à l’intérêt que je porte à la thématique de recherche sur laquelle le projet travaille. Sachant que les données générées par PMA sont d’une grande utilité pour mon pays, cela est quelque chose de très important pour moi », affirme-t-elle. Depuis 2019, elle est désormais basée dans la province du Kourittenga où elle couvre la zone de dénombrement de Koupéla-centre.

Solange Yabré est quant à elle, à sa deuxième année d’expérience d’enquêtrice résidente. Elle a en charge la zone de dénombrement de Bagré-village, dans la province du Boulgou. Elle déclare : « Travailler comme Enquêtrice Résidente d’un projet comme PMA est pour moi une opportunité de faire un travail qui m’a toujours passionnée : aller à la rencontre des femmes, nouer le contact avec elles et recueillir leur point de vue sur la SR/PF, un sujet qu’elles disent ne pas avoir l’habitude d’aborder aisément, même lorsqu’elles se retrouvent entre elles, femmes »." .

 Du 14 décembre 2020 au 28 février 2021, à l’instar de leurs autres collègues, Assia et Yolande parcourront leurs zones de dénombrement pour collecter les données de la Phase 2 de PMA-Burkina Faso, grâce à des smart phones que le projet a mis à leur disposition. Les modules couverts par ce round sont tous en lien avec la santé de la reproduction.

Ce n’est surtout pas l’Harmattan (un vent froid et sec qui souffle sur le pays en cette période l’année) qui découragera Assia et Yolande pour la collecte des données de cette Phase2 de PMA sur le terrain. Pour ce faire, elles se lèvent tôt, bravent cet Harmattan pour aller à la rencontre des femmes auprès desquelles elles doivent administrer leurs questionnaires.

  Ayant bien intégré les réalités du milieu rural où les femmes commencent à vaquer très tôt à leurs occupations, Assia et Yolande ont su s’adapter à ce contexte. « La plupart du temps, avant sept heures du matin, je suis déjà dans ma zone de dénombrement. C’est l’heure à laquelle il m’est plus facile de trouver les femmes à la maison. Je me rends aussi compte que c’est le meilleur moment pour échanger avec elles. Comme elles ne sont pas encore plongées dans leurs activités quotidiennes, les femmes sont prêtes à répondre aisément à mes questions », constate Yolande.

Afin de mener à bien leur mission, toutes les enquêtrices résidentes ont bénéficié d’une formation administrée par l’ISSP qui en plus du contenu des modules de l’enquête, a pris en compte la communication, le respect de la confidentialité et les éventuels scénarios difficiles auxquels elles seraient confrontées sur le terrain. Une formation qui était nécessaire car elle permet de « libérer la parole » chez les femmes sur les sujets sensibles de la santé de la reproduction qui sont abordés au cours de l’entretien. A ce sujet, Assia dit : « Si la confidentialité est respectée, les femmes s’ouvrent à nous pour parler de tous les sujets que l’on aborde ».

Une des particularités de cette Phase 2 est le fait le fait qu’il se déroule dans le contexte de la maladie à corona virus. Assia et Solange ont bien conscience de cela et respectent les mesures barrières recommandées : port obligatoire de masque, respect de la distanciation avec les personnes rencontrées, utilisation du gel hydro alcoolique.

En attendant la fin de collecte des données de cette Phase 2 , Assia se réjouit que ces mesures soient aussi respectées dans les ménages « Généralement, quand je me rends dans un ménage, en plus du respect des autres mesures, j’applique le gel sur mes mains et je demande à la personne enquêtée d’en faire de même. Mais, dans un ménage, j’ai moi-même été accueillie à la porte avec le gel pour se désinfecter les mains, avant d’entamer les échanges. C’est un bon point dans la lutte contre la maladie ». 

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